[EN BREF] L’heure du bilan 2016 et des grandes annonces pour Gold of Bengal et ses projets !

Le 7 mars 2017, à l’occasion de l’anniversaire de l’expédition Nomade des Mers, s’est tenue au Sense Space la conférence annuelle de Gold of Bengal.

Depuis sa création, Gold of Bengal a parcouru beaucoup de chemin. Plus de 26 000 milles pour être exact. Chemin parcouru en mer, mais également dans l’idée que l’on se fait de la planète, et de la façon dont on aimerait qu’elle évolue. C’est pourquoi, à terre, ce sont deux projets ambitieux de recherche et de diffusion d’innovations utiles et durables qui ont vu le jour. 26 000 miles d’expédition, deux aventures entrepreunariales, et un an d’exploration pour le Nomade des Mers … Tout autant d’occasions pour vous convier à découvrir un tout nouveau tome des aventures de Gold of Bengal… 

Pour l’occasion, Corentin de Chatelperron, président et aventurier de l’association a mis le pied à terre et Camille, responsable transmission/vulgarisation a le crayon a la main : durant toute la conférence, elle devra mettre en dessin les paroles avant qu’elles ne s’envolent. L’assistance est invitée à inscrire sur des post-il leurs idées qui passent et à venir les déposer sur le dessin à l’issue de la conférence.

Antoine présente le Sense Space, et Make Sense son propriétaire. Cette structure est née d’un voyage, puis s’est développée avec pour mission de promouvoir l’entrepreneuriat social. Une histoire qui nous parle. Mais aujourd’hui, le Sense Space se pare de jute et de low-tech.

 

Nomade des Mers, un an d’exploration

 

À Corentin d’entrer en scène pour nous parler de Nomade des Mers, l’expédition ambassadrice des low-technologies.

 

Partie depuis le 23 février 2016, cette expédition a pour mission de faire le tour du monde à la rencontre d’inventeurs ingénieux qui innovent pour répondre à leur besoin de base.

En un an, 23 low-tech ont été documentées, 2200 personnes ont été sensibilisées, 14 ateliers de transmission ont été organisés pour 290 participants.

Cette expédition a confirmé le potentiel des low-technologies et l’intérêt qu’il est nécessaire d’y porter.

De cette aventure, Corentin retiendra :

La force du réseaux

Victorial, Seychelles. Deux entrepreneurs s’intéressaient à la thématique du biodiesel sans parvenir à un résultat fonctionnel. Lors du passage du Nomade des Mers, l’équipe les a rencontré indépendamment, puis les a mis en relation. Résultat, ils se sont décidés à mettre leur force en commun pour lancer la production d’une tonne de carburant et lancer un business  !

La force de l’entrepreneuriat local

Tuléar, Madagascar. Un certain M. Voula a développé une ferme de spiruline pour lutter contre la malnutrition infantile. En parallèle, un grand organisme international distribuait des tonnes de céréales gratuitement. Cet assistanat attaque l’économie locale que M. Voula tente de créer.

M. Voula est, selon nous, un excellent exemple de réponse locale à un problème majeur.

La force de la sensibilisation

Rio de Janeiro, Brésil. L’un des grands maux de Rio s’observe dans sa baie : des tonnes de plastique déposées là par de gros manquements dans la gestion des déchets. En réponse à cela, Bruno, a développé une machine de refonte des plastiques pour en faire des statuettes du Corcovado. Cette solution ne sauvera pas la baie, certes, mais elle contribue sensibiliser un maillon de la chaîne.

La force de la documentation

Dakar, Sénégal. Sur internet, il y a des tas de plans, de vidéos, d’éoliennes plus ou moins fiables. Durant un mois, avec des makers de toute l’Afrique de l’Ouest, l’équipage du Nomade des Mers a travaillé à la réalisation d’une éolienne low-tech répondant aux besoins locaux, à savoir s’éclairer et charger un téléphone portable. Réalisée à partir d’un moteur pas à pas d’imprimante, une éolienne a vu le jour. Elle a depuis été documentée et partagée à des centaines de personnes qui peuvent, en une demi journée accéder à un point d’énergie.

 Patricia Benchanna de la Fondation Schneider Electric revient sur l’éolienne développée lors de l’atelier de Dakar. Cet atelier a été co-organisé par Nomade des Mers, la Fondation Schneider Electric, Kerthiossane, le fablab Defko Ak Niep et l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Ces histoires ont convaincues l’équipe que l’expédition et le Low-tech Lab peuvent apporter de réelles réponses.

En un an, on s’est rendu compte que notre idée est bonne, qu’une vraie révolution des low-tech est possible avec à la clé des développements locaux pour répondre à des problèmes majeurs tout en respectant l’environnement et valorisant les cultures locales. Alors nous allons continuer à accompagner des entrepreneurs comme Voula, à mettre en réseaux des acteurs pour créer des cercles d’innovations vertueux. Nous allons poursuivre notre mission de documentation et de diffusion pour catalyser le développement des low-technologies !

Retour en image sur un an d’exploration

Le Low-tech Lab

 

Après le départ du Nomade des Mers, l’équipe restée à terre a entre ses mains un programme pédagogique en plein développement, des makers motivés, des experts en alerte, et surtout une grosse motivation à offrir à ce projet un avenir pérenne.

Alors le Low-tech Lab est né : un programme de recherche et de documentation collaborative sur les low-technologies visant à les diffuser et les promouvoir, et ainsi permettre à chacun de répondre à ses besoins de base de façon autonome, économique et écologique.

Amandine Garnier, également en charge du développement du Low-tech Lab présente la mission et les activités du projet :

 

En bref, en seulement 1 an d’activité, le Low-tech Lab a :

  • Développé une plateforme de documentation open-source avec Wikifab : lab.lowtechlab.org
  • Réalisé une méthodologie de documentation tutoriel pas à pas écris et vidéo
  • Développé des programmes spécifiques à destination
    • Pédagogique avec le Rectorat de Rennes auquel plus de 700 jeunes ont participé
    • Entreprise avec Leroy Merlin Décathlon, Engie, Schneider Electric …
    • Grandes Écoles avec l’ICAM, Centrale …
  • Créé plus de 12 tutoriels
  • Formé plus de 300 personnes à au moins une low-tech
  • Préparé 11 Low-tech Explorer à aller dénicher d’autres low-tech partout dans le monde
  • Sensibilisé 3500 personnes en direct
  • Lancé 14 projets de R&D
  • Identifié 12 problématiques terrains qualifiées  à résoudre avec les low-tech

 

Puis Amandine aborde un mail reçu dernièrement :

Le 15 février 2017, notre belle province d’Inhambane a été ravagée par un cyclone nommé Dineo.
Environ 40 000 maisons ont été entièrement détruites et autant de familles se retrouvent sans toit.

[…]
Et nous avions justement pensé que vous pourriez vous joindre à nous pour créer un module atelier low-tech dans ce contexte, mais aussi nous conseiller dans le design des maisons qui seront toutes principalement en matériel local.

Elle explique qu’à ce mail, l’équipe n’a pas encore répondu,

Il mérite une réponse toute particulière, il est une projection de ce pourquoi nous travaillons tous de façon acharnée, et nous somme très émus de voir que nous gagnons peu à peu notre légitimité. Mais tout reste encore à faire.

Car le Low-tech Lab, au delà de sa fonction de documentation open-source, aspire à devenir un support pour les acteurs terrains, à pouvoir accompagner la résolution de problématiques techniques rencontrées par des communautés locales, tout en prêtant une extrême attention au contexte qui les entourent.

Pour aller dans ce sens, la plateforme proposera prochainement une fonction permettant à toute personne ou structure de soumettre des challenges techniques à la communauté du Low-tech Lab.

 

Le pouvoir des entreprises à changer le monde

Clément, en responsable de la coordination des projets d’innovations intervient pour expliciter les activités réalisées avec les entreprises. Le Nomade des Mers, l’équipe du Low-tech Lab et les « Low-tech Explorers » mettent en lumières de nombreuses solutions simples et durables autour du monde. Souvent, les systèmes découverts sont traditionnels ou émergents. Dans le premier cas, la solution n’a pas évolué depuis longtemps, dans l’autre elle est développée avec peu de moyen au fond d’un garage. Pour les deux, l’aide d’entreprises expertes permet de transformer le fort potentiel en véritable solution alternative, efficace et intégrée à nos modes de vie contemporains.

Nous travaillons aujourd’hui avec neuf équipes projets de cinq entreprises différentes pour porter les low-tech sur le devant de la scène.

En exemple, la conservation naturelle des aliments, co-développée avec le groupe Adeo, revisite les principes du garde-manger et du frigo du désert, pour une préservation des aliments plus durable et efficace.
Cette relation entre l’entreprise et l’association Gold of Bengal dépasse la collaboration technique.

 C’est l’engagement au quotidien entre des individus qui partage les mêmes valeurs et envies pour un futur souhaitable

Les citoyens de demain

Camille, en charge de la vulgarisation et de la transmission du Low-tech Lab interpelle l’assistance :

En arrivant hier, je suis passée devant un kiosque à journaux et j’ai lu la couverture du Télérama : « Faut-il supprimer l’enseignement de la grammaire ?« . Apparement, l’enseignement en France va mal ! Alors grosse réforme de fond ! Parce que la grammaire c’est le fond du problème non ?

Alors la solution c’est de remplacer tous les mots compliqués comme le verbe, ou les compléments, par un mot beaucoup plus simple : prédicat. Ça vous parle ? Bon moi pas trop… du coup je suis allée regarder sur internet, ça veut dire : ce qui est affirmé d’un sujet ou est dit lui appartenir.

Belle façon de voir le monde, la diversité, la complexité, la complémentarité, l’accord des mots par rapport aux autres ! Non, aujourd’hui on préfère qu’il n’y ait qu’un sujet : je, moi, moi je, et puis à la rigueur, entre parenthèses, tout ce qu’il y a autour.

C’est ça la vision de la grammaire, et par extension de la vie, qu’on veut partager aux générations future ?

 

Puis Camille apporte la réponse qu’elle a contribué à construire au sein du Low-tech Lab :

…Un autre langage, pas forcément plus simple, mais plus concret plus réel ! Le langage du faire. Parce que c’est en testant, en se trompant, en raturant qu’on apprend et qu’on grandit ! On pense que c’est par la compréhension de la complexité qu’on arrive à la simplicité !

Le programme pédagogique du Low-tech Lab invite à  apprendre et comprendre des principes complexe de physique, de chimie, de biologie à travers la construction d’une low-tech
Avec l’aide des professeurs d’histoire-Géo, de physique, d’SVT, de techno, de langues, etc. l’élève apprend à comprendre une problématique, à établir un cahier des charges pour y répondre, à fabriquer une solution et à l’expliquer aux autres.

Sur l’année 2016/2017, ce sont plus de 700 jeunes qui ont participé à ce programme répartis sur une dizaine d’établissements.

Le Low-tech Tour

Pierre-Alain prend la parole et annonce qu’en 2017, le Low-tech Lab partira sur les routes à la rencontre des inventeurs de France ! À bord d’un camion-atelier, lui, Pierre-Alain, ainsi que Camille, Clément et Amandine iront documenter les low-tech les plus prometteuses sur la thématique de l’habitat afin de réfléchir à leur intégration et leur désidérabilité dans nos vies quotidiennes.

Au programme, minimum 12 destinations pour 12 low-tech documentées. Tout autant d’ateliers de transmission et de sensibilisation seront organisés afin de poursuivre la diffusion et la promotion de l’innovation utile et durable.

LEROY MERLIN et la Fondation Schneider Electric ont déjà confirmé leur intérêt pour ce tour et le soutiendront financièrement et logistiquement.

 

Le Jute Lab

 

« Et dire que tout ça, c’est parti du fin fond du Bangladesh »  se remémore Corentin.

Malheureusement, en juillet dernier, une série d’attentat a frappé le Bangladesh et a forcé le retour de l’équipe en France. Ce départ, loin de sonner le glas du projet historique de l’association, a signé un nouveau départ. Et c’est Marion Olekhnovitch, en charge du développement et des partenariats qui nous en parle, suivis par Quentin Mateus, responsable Communication et Sensibilisation, et par Valentin Morel, au développement technique.

 

La mission du Jute Lab

Pour rappel, notre mission est de revaloriser l’Or du Bengale en assurant le développement et la promotion d’applications innovantes et à forte valeur ajoutée de la fibre de jute

commence Marion qui poursuit en rappelant les 4 objectifs du Jute Lab :

  1. cartographier la filière du jute au Bengale, de la graine au produit fini,
  2. faire avancer la recherche et le savoir sur la fibre de jute et son utilisation dans les matériaux composites,
  3. sensibiliser le plus grand nombre au potentiel de cette ressource naturelle,
  4. réaliser des preuves de concept dans différents secteurs (nautisme, sports et loisirs, mobilier, etc.) pour démontrer tous les atouts de la fibre de jute.

Marion donne pour exemple le concours de design de mobilier lancé en juillet dernier, en partenariat avec le Goethe Institut et l’Alliance Française au Bangladesh.

Ce concours a permis de sensibiliser en tout plus de 200 étudiants bangladais et a donné naissance à 2 concepts de mobilier en composite de jute : une chaise et une table inspirées des traditions bengali.

Ces deux éléments sont en train d’être prototypés à Concarneau et seront présentés à l’inauguration de la nouvelle ambassade franco-allemande à Dhaka.

 

Après le rapatriement en France, on a eu envie de s’attaquer à un nouveau secteur : l’automobile !

 

 Le secteur automobile : un débouché prometteur pour la fibre de jute

On a choisi ce secteur pour deux raisons principales

enchaîne Quentin.

1/ Soumis à des réglementations de plus en plus contraignantes, les constructeurs se tournent vers les matériaux biocomposites pour alléger leurs véhicules et ainsi réduire leurs émissions de CO2, mais aussi plus globalement l’impact des véhicules sur l’environnement. Les constructeurs européens et américains intègrent déjà du lin et du chanvre dans leurs modèles ; alors pourquoi pas le jute ?

2/ Le marché automobile indien est en plein boom, et l’Inde est le premier producteur mondial de fibre de jute.

Au Jute Lab, on se dit que si on arrive à convaincre les constructeurs implantés en Inde de fabriquer des voiture biosourcées et recyclables à base de cette fibre locale, on participera à ouvrir un débouché prometteur à toute une filière en déclin qui fait encore vivre directement ou indirectement plus de 30 millions de personnes rien qu’au Bangladesh !

C’est en tout cas l’objectif de la nouvelle preuve de concept du Jute Lab avec le projet Agami et c’est Valentin, le troisième membre de l’équipe, qui nous donne plus de détails.

Le projet Agami

Le projet Agami consiste à développer un matériau à base de fibres de jute qui réponde au cahier des charges de la mobilité durable. Et bien sûr, on ne va pas s’arrêter au matériau. On va construire un véritable véhicule-prototype !

explique Valentin.

Pour mener à bien ce projet pionnier, le Jute Lab s’est associé au constructeur solidaire Karenjy, repris par l’entreprise de réinsertion Le Relais-Madagascar en 2008, et qui produit aujourd’hui un véhicule à carrosserie 100% fibre de verre.

Karenjy est un partenaire idéal pour nous car c’est un fabricant à taille humaine, flexible et nous partageons des valeurs communes.

“Une fois le véhicule construit, il ne restera plus qu’à le mettre à l’épreuve du terrain, (façon Gold of Bengal !) » conclut Valentin le sourire aux lèvres.

Conclusion

Des questions s’élèvent dans la salle quant au rôle des grands acteurs du développement pour accompagner les low-technologies. Les moyens que nous souhaitons mettre en place pour déployer ces inventions sont également interrogés. Nous y répondons du mieux que nous pouvons dans le temps qui nous est imparti. L’heure tourne.

Il est temps de conclure, Corentin reprend le micro, rappelle les grands épisodes passés et à venir et invite Vincent, fundraiser de l’association à parler de Tipeee, un nouveau mode de financement participatif mis en place par Gold of Bengal.

Corentin remercie l’équipe, les invités et les partenaires.

N’en aurait-il pas oublié un … Roland Jourdain, et plus largement le fonds Explore. Ça tombe bien, « Bilou » a un message pour lui :

Nos invités se dirigent vers la sortie, et au rythme de leur pas fleurissent sur le dessin de Camille suggestions, propositions et congratulations.

 

Pour en savoir plus

Communiqué de presse Low-tech Tour France 2017 – Low-tech Lab

Communiqué de presse Agami – Jute Lab

Dossier récapitulatif Nomade des Mers

Visuels

Merci à tous les présents, ainsi qu’à tous ceux qui nous soutiennent, nous accompagnent et nous suivent.

Spécial merci à Anne, Clémence et Manon, nos renforts civiques préférés !


Pour tout savoir sur l’année 2016 de Gold of Bengal, nous vous invitons à lire le rapport d’activité
Blog Comments

bonjour, j’ai écouté votre intervention sur France Inter cet été, comment peut on rentrer en relation avec la ferme de spiruline à Madagascar et M. Voula? cdt

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